[ PJ ]
Jouée par Marie.
Enora est une rôdeuse expérimentée. Née à Klem, en bordure de la forêt de Golfin, elle a grandi dans un environnement forestier rude. Elle est la fille unique d'un couple de trappeurs et doit une grande partie de ses connaissances actuelles à l'enseignement de son père.
À la veille de son 17e anniversaire, ses parents ont été recrutés par un groupe d'explorateurs afin de les guider au travers de la vallée d'Arzendel à la recherche d'antiques ruines elfes. Elle s'est bien évidement jointe à l'expédition et un périple de plusieurs jours les a ammenés à l'entrée de cette vallée.
C'est en vue des premières ruines, visiblement les vestiges d'une tour de garde ravagée par un incendie, que les choses commencèrent à mal tourner. Le périmètre était encore défendu par d'antiques pièges magiques qui manquèrent de décimer la petite troupe et réduisirent en cendre une bonne partie de leur équipement de bivouac.
Une fois la zone sécurisée, le groupe décida de passer la nuit dans les ruines de la tour et découvrit que le sous sol de celle ci menait à un réseau de galerie qui devait, sans doute, communiquer avec les autres tours de garde. La mission de la famille d'Enora étant accomplie, ils furent payés et décidèrent de rester cette dernière nuit avant de reprendre le chemin de leur domicile.
Au milieu de la nuit, le groupe fut réveillé par les cris d'alarmes du guerrier qui venait prendre son tour de garde. Enora découvrit avec horreur le cadavre de sa mère, étendu à proximité de l'entrée du réseau de galeries... . Folle de rage, elle se précipita en hurlant dans les tunnels, bientôt suivie de son père, puis du reste du groupe. Lorsqu'elle songe aujourd'hui à sa réaction suicidaire, elle mesure la chance qui l'a sauvée cette nuit la: le système de défense magique, toujours actif après des siècles, causa la mort violente de deux des compagnons qui la poursuivaient.
Lorsque son père la rattrapa enfin pour la raisonner (et les autres membres du groupe pour blâmer son inconscience), ils s'étaient profondément enfoncés dans les souterrains et se trouvaient dans une vaste salle aux piliers travaillés. Les explications, et le ton, commençaient à monter quand les premiers morts-vivants apparurent autour d'eux. La petite horde sortie de la nuit, visiblement avide d'un repas de chair fraiche, amena le groupe à se replier vers une ancienne réserve d'armes.
C'est dans cette pièce, au milieu de la poussière et du métal rouillé, qu'Enora prit possession du puissant Arc magique qu'elle utilise toujours aussi mortellement aujourd'hui. La situation apparaissait critique pour Enora et elle ne fût malheureusement pas démentie. L'un des membres du groupe, qui prétendait être prêtre, s'avança dans l'encadrement de la porte avec le symbole de son dieu à la main... si quelques unes des monstruosités hors-vivantes s'enflammèrent bien au contact de la lumière qui irradiait du symbole, la créature la plus imposante ne sembla même pas en être incommodée. Le Père d'Enora eut tout juste le temps de lui voiler les yeux, que le cri d'agonie du pauvre prêtre se transformait déjà en un gargouillis immonde.
Elle se dégagea et, comme ses compagnons, vit avec horreur le monstre plonger ses énormes canines dans la gorge de sa victime et se repaitre de son sang, tout en continuant à les dévisager avec des yeux brillants de haine et de plaisir. Lorsque le corps exsangue s'écroula aux pieds du Vampire, Enora fit le lien avec le visage blafard du cadavre de sa mère... . La terreur qui la paralysait se transforma en une colère qu'elle ressent encore aujourd'hui à l'évocation d'un de ces monstres. Elle banda instinctivement son arc et sa flèche vint se planter dans la cuisse du monstre. Les autres réagirent dans la foulée et une véritable avalanche de métal s'abattit sur la créature. Las, rien ne semblait l'affecter et le sourire carnassier avala la vie d'un autre homme. Les derniers souvenirs d'Enora de cette nuit sont confus. Elle revoit distinctement le puissant guerrier qui les avait réveillés planter son épée de toutes ses forces dans le torse du monstre ... puis hurler lorsque celui ci lui arracha la moitié du visage d'un simple revers de griffes. Elle se souvient aussi surtout de l'ordre impérieux de son père de fuir sans se retourner; elle sent son étreinte lorsqu'il plonge avec elle dans les jambes du Mort-Vivant; elle revoit son visage tendu lorsqu'il la projette hors de la mêlée; elle entend son puissant cri de guerre lorsqu'il se jette sur le dos du monstre tandis qu'elle amorce sa course dans les couloirs... .
Encore aujourd'hui, elle suppose que c'est son instinct de pisteuse qui l'a guidée vers l'air libre, car elle ne se souvient de rien d'autre que de son arrivée au bivouac de la tour, des quelques affaires qu'elle ramasse et de sa course effrénée dans la nuit pour s'éloigner du lieu maudit.
Enora à réintégré la chaumière familiale au bout de 2 semaines et a longtemps vécu recluse au milieu de la forêt qui l'a vue grandir. Elle est devenue une excellente archère et chasse avec un plaisir vengeur toutes les créatures magiques qui s'aventurent sur son domaine. Enora s'est cultivée par la lecture de la bibliothèque familiale, mais reste très peu sociable. Elle fréquente très peu la civilisation, hormis pour vendre les peaux qu'elle récupère.
Elle n'est jamais retournée dans la vallée d'Arzendel. Si elle ne se sent plus coupable du carnage et de sa fuite, elle n'a pourtant jamais essayé de revenir se venger; d'abord parce qu'elle pense être incapable de retrouver le lieu exact et ensuite parce qu'elle ne se sent pas prête à trouver les ossements de ses parents puis à affronter la créature. Un jour peut être....
Enora aurait pu poursuivre sa vie tranquille en ermite... mais son caractère terni par le traumatisme de cette expédition commence a retrouver sa flamboyance originelle. Aussi lorsque elle se retrouve malgré elle confrontée à l'injustice et à la violence du clergé de Rungda, le parfum de sa jeunesse se réveille et elle rejoint avec rage la cause de la rébellion...